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Meg Corbyn, Tome 1 : Lettres Ecarlates

meg-corbyn,-tome-1---lettres--carlates-514710Aujourd’hui, je vous présente mon dernier coup de cœur : Lettres Écarlates, le premier tome du cycle de Meg Corbyn, écrit par l’écrivaine américaine Anne Bishop, également auteure du cycle des Joyaux noirs.

J’ai racheté ce livre à une copine qui devait faire de la place dans sa bibliothèque l’été dernier, et possédait les deux premiers tomes de la série en version papier. Elle me l’avait conseillé, et comme nous avons un certain nombre de goûts littéraires en commun, je l’ai écoutée… Et j’ai bien fait !

Commençons par l’intrigue de cette histoire.
Dans un monde contrôlé par les Autres, des créatures fantastiques sauvages et cruelles, les hommes, traités comme une sous-espèce, doivent négocier leur espace de vie contre leur savoir-faire. C’est ici qu’on rencontre Meg Corbyn, une prophétesse de sang : lorsqu’elle se coupe, des visions prophétiques l’assaillent. Jusqu’alors prisonnière d’un institut qui exploite les jeunes filles comme elle, Meg Corbyn parvient à s’échapper, et trouve refuge dans un Enclos, l’équivalent d’une ville pour les Autres. Au milieu de ces êtres étranges et sans pitié, Meg devra trouver sa place si elle veut survivre et échapper à l’institut qui ne compte pas la laisser s’échapper aussi facilement.

Lettres écarlates est un roman de bit-lit, on y retrouve donc des créatures classiques telles que les hommes-loups ou les vampires, mais aussi d’autres moins connues, tels par exemple les hommes-ours, les hommes-corbeaux, ou encore les Élémentaires. De plus, Anne Bishop réinterprète ces mythes de manière à tisser un récit cohérent dont elle recrée totalement le monde et l’histoire, donnant une réelle profondeur et une certaine vraisemblance à son récit.
Dans les romans de bit-lit que j’ai lus jusque là, ceux-ci placent au premier plan des créatures certes fantastiques mais qui finalement possèdent un côté très humain et ont l’habitude de tenter de se fondre parmi eux. Dans Lettres Écarlates, l’auteure construit son récit autour du point de vue des Autres en travaillant davantage le côté dangereux des créatures mythiques. Les Autres sont donc parés d’un intellect égal à celui des humains, mais aussi de redoutables pouvoirs propres à leurs espèces respectives. Guidés par leurs instincts sauvages, ils exercent une domination implacable sur ceux qu’ils appellent les « singes », et qu’ils considèrent comme inférieurs à eux. Mais les hommes rejettent le joug des Autres, au risque de devoir affronter des puissances qui les dépassent.

Mais ce roman va au-delà d’un simple récit fantastique. Entre ses pages, on découvre avec un certain malaise l’acharnement des hommes à vouloir s’approprier le terres des Autres à tout prix, même lorsque celui-ci est la mort. Le fait que le livre nous présente l’histoire depuis le regard des indigènes nous donne un autre point de vue sur la soif inextinguible de conquête et de possession des hommes, dans une critique de notre société et de ses violences sans fin. J’ai trouvé ce second niveau de lecture très intéressant, d’autant plus que je n’ai pas l’habitude d’être poussée à de telles réflexions par ce genre de lecture.

Les personnages sont bien développés, ils ont chacun une belle épaisseur.
Meg Corbyn, l’héroïne, est un personnage attachant, doux et naïf, découvrant un monde jusqu’alors inaccessible. Elle est touchante, avec son handicap émotionnel et social dus à une éducation lacunaire, et sa grande fragilité. Mais elle est également forte à sa façon, et ne reste pas en marge de l’action. On est loin de la princesse en détresse qui reste bêtement à attendre dans son château qu’on vienne la délivrer, et c’est tant mieux !
Autour d’elle, de nombreux personnages gravitent, comme des astres autour d’un soleil. Tous ont leur histoire, leurs mystères, leurs souffrances. Qu’ils soient bons ou mauvais, ouverts d’esprits, altruistes, loyaux, ou bien égoïstes, cupides, ou encore manipulables, tous sauront trouver leur place dans ce récit bien organisé et très prenant.

J’ai cependant relevé quelques facilités dans ce roman. En effet, je trouve que si l’arrivée du personnage principal est bien amenée, son intégration dans l’Enclos est trop rapide. En effet, bien que son sang semble faire d’elle un être d’exception, nombre d’entre eux s’attachent trop vite à une personne qui leur est totalement inconnue, en dépit d’une méfiance extrême envers tout être à priori humain. De plus, les « méchants » ne sont globalement pas assez mauvais ! L’une d’entre eux, Asia, tourne beaucoup autour de Meg et de l’Enclos, mais n’est jamais vraiment mauvaise, et l’homme étrange ne lui fera jamais de mal… Bref, la violence est vraiment limitée, exceptée dans la dernière partie du livre. C’est assez étrange, quand on pense à la sauvagerie des Autres, prête à se déchaîner à tout moment.

Malgré ce dernier détail, ce livre est vraiment addictif. Moi qui commence à chercher autre chose que des romans qui parlent de loups ou de vampires, j’ai pourtant été happée par l’histoire, et j’en redemande ! Je lui donne un bon 5/5, j’ai totalement accroché aux personnages et à l’histoire, et la réflexion amenée subtilement par l’auteure sur les exactions humaines réelles est vraiment bienvenue.

Un petit coup d’œil sur la couverture de Anne-Claire Payet et Shutterstock avant de clore cet article ? Je l’aime bien, mais finalement je trouve qu’elle ne correspond pas tant que ça à l’histoire. En effet, je suppose que le femme figurant au premier plan est Meg, et autant je retrouve sa douceur, autant elle affiche une sensualité que je ne retrouve pas dans le personnage. De plus, entre le loup à l’arrière plan, et les pattes de loup qui se détachent du paysage en haut à gauche, on dirait vraiment un récit classique de loup-garou dans le style du la Meute du Phénix ou je ne sais quels autres cycles, alors que les loups ne sont qu’une partie des multiples créatures que l’on rencontre dans ce roman, c’est assez réducteur. Quant au titre du roman, en lettres rouges et stylisées, il me fait parfaitement penser aux coupures que se font les prophétesses de sang pour voir des prophéties.

Allez, c’est tout pour aujourd’hui. Alors, lu, pas lu ? J’attends votre avis !

Chloé

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